
Villa
Thuret, au XIXème siècle

Villa
Thuret, aujourd'hui

Gustave Thuret

Edouard Bornet

Charles
Naudin

Georges Poirault
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Gustave
Thuret (1817-1875), algologue et botaniste, reconnu pour
ses travaux sur la reproduction des algues, est séduit
par le climat et la nature sauvage du Cap d’Antibes.
Il achète en 1857 un terrain de cinq hectares et
crée un jardin botanique.
Un homme, un lieu, une passion
A
cette époque, la Riviera est un lieu très
prisé par la haute société, en particulier
anglaise et russe. Les anglais, grands amateurs de plantes,
créent autour de leurs villas de merveilleux jardins,
en profitant des conditions climatiques privilégiées
de cette région.
Les
débuts du jardin sont un peu difficiles car Gustave
Thuret découvre les conditions climatiques particulières
de la région et en particulier la sécheresse.
Il se heurte aussi à la difficulté de trouver
les plantes qu'il recherche. Il met alors en place un véritable
réseau de correspondants qui lui envoient des graines
du monde entier.
Il va être
de plus en plus sollicité par des amateurs éclairés
avec qui il entretient des relations fréquentes.
Il accueille par la suite les botanistes les plus éminents
de son époque : Bentham, Hooker, Decaisne, Hanbury,
Mastero, Schimper, Weddell, Burnat de Candolle, Planchon,
Naudin, Duchartre, Engelmann et bien d’autres.
Gustave
Thuret, ami des Sciences et des Lettres reçoit aussi
dans sa villa, diplomates, scientifiques et artistes. George
Sand évoque dans ses Lettres d’un voyageur
(1868) : "…le plus beau jardin qu’elle
ait vu de sa vie…".
Il
poursuit l’acclimatation et l’étude des
végétaux des zones subtropicales et méditerranéennes
avec son ami Edouard Bornet (1828-1911)
à qui l’on doit, entre autres, la première
classification des lichens et la création de nombreux
hybrides de cistes. L’ensemble de ces travaux a largement
contribué à la transformation du paysage végétal
de la Côte d’Azur et à l’essor
de l’horticulture méditerranéenne.
Bornet,
Naudin et Poirault
A
la mort de Gustave Thuret, Edouard Bornet continue et publie
les travaux scientifiques qu’ils avaient entrepris
ensemble.
En
1877, la belle-sœur de Gustave Thuret, madame Fould,
fait donation à l’Etat français de la
propriété devenue jardin botanique, afin qu’y
soient poursuivies des recherches botaniques et scientifiques.
La
direction de la villa Thuret est alors confiée en
1878 à Charles Naudin
(1815-1899) qui a participé notamment à la
découverte des fondements de la génétique.
Il poursuit l’œuvre de Thuret et de Bornet, en
particulier, l’acclimatation des Eucalyptus et les
Pittospores. On lui doit en particulier l'introduction du
palmier Jubaea
chilensis dans son jardin de Collioure (Pyrénées
Orientales) puis à la villa Thuret.
Georges
Poirault (1858-1936), agronome, succède à
Charles Naudin et contribue à développer la
recherche horticole méditerranéenne.
Le
jardin et l'INRA
En 1927, le jardin est confié à
l'Institut de Recherches Agronomiques qui devient l’Institut
National de la Recherche Agronomique (INRA)
en 1946. Un centre de recherche est installé sur
le Cap d'Antibes et les travaux portent alors sur les grandes
cultures florales : l'oeillet, la rose, l'anémone,
les techniques de culture hors sol puis la pathologie végétale
et la lutte biologique. L'INRA poursuit dans le jardin botanique
les travaux d'acclimatation d'espèces végétales
de climat méditerranéen.
En janvier 2004, l’ensemble des laboratoires
INRA qui étaient installés au cap d'Antibes
sont transférés à Sophia Antipolis
pour constituer avec l'Université et le CNRS, un
nouvel ensemble intégré : le centre INRA
AGROBIOTECH de Sophia Antipolis. Au cap d’Antibes,
seul le site de la villa Thuret, avec son jardin botanique,
reste administré par l’INRA.
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